Samedi 3 août à 20h30 à Valberg – Place Charles Ginésy La lecture « L’abyssin » de Jean-Christophe Rufin

« Quelque chose, pourtant, lui disait qu’il pouvait réunir l’inconciliable, c’est à dire ne renoncer ni au désir qu’il avait de connaître l’Abyssinie et de s’y illustrer, ni à la tentation de conquérir l’inaccessible Alix de Maiillet, dont tout en lui proclamait qu’elle n’avait été créée que pour le rencontrer et le rendre heureux.

« Voilà, pensa-t-il, c’est exactement cela. Il y a entre elle et moi d’extraordinaires obstacles ; seules d’extraordinaires circonstances peuvent les surmonter. Si j’étais resté au Caire, je ne l’aurais jamais vue, jamais approchée et rien n’aurait été possible. Mais la mission qui m’est confiée, en me faisant affronter de grands périls, peut m’assurer en retour un grand triomphe. Je vais en Abyssinie, je guéris le Négus, je reviens avec l’ambassade qu’on me demande, je l’accompagne à Versailles. Louis XIV me fait noble et le consul ne peut plus me refuser sa fille. »

Il avait cru d’abord sans enthousiasme, que sa mission servait seulement les desseins du Roi de France et du Pape. Maintenant, il réalisait qu’elle pouvait être aussi l’instrument de son bonheur. La chose devenait autrement sérieux… »

© Arnaud Février- Flammarion

 

La lectrice

Danseuse de formation (Premier Prix du Conservatoire de Danse de Paris en 1983), Mathilda May s’essaie pourtant au cinéma. Populaire et talentueuse, elle reçoit en 1988 le César du Meilleur espoir féminin pour son rôle dans Le cri du hibou de Claude Chabrol qu’elle retrouve en 2007 sur le plateau de La fille coupée en deux. Elle tourne également beaucoup pour la télévision et a triomphé entre 2008 et 2010 au théâtre aux côtés de Pascal Légétimus dans Plus si affinités dont elle est l’auteur. Elle a également publié un roman Personne ne le saura (Flammarion). En 2012, elle est l’une des partenaires de Gilles Lellouche et Jean Dujardin dans Les Infidèles.